• Expo6 Detot Maura

    Luc Detot et Emmanuelle Maura

    Expo6 Detot Maura

     

     

    Le regard de Justine Adenis sur cette exposition, film : 2min11s  

     

     

     L’invité et son invitée

     

    J'ai invité Luc Detot

    en 2008 j’avais déjà montré dans cette même chapelle le travail de Luc Detot, lors d’une exposition qui s’intitulait côte à côte.

    Là, il était question du portrait et le tableau blanc de Luc qui irradiait de son fond «marbré» nous trouvait face à nous même puisque ce portrait refusait de nous voir.

    Luc est peintre, graveur, dessinateur, photographe, sculpteur. 

    Dans ses derniers tableaux présentés à la chapelle il est question d’un travail inauguré par le recouvrement d’anciennes peintures, strates où l’artiste enfouit tous ses gestes d’images.

    Luc Detot est né en 1960, diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux en 1987, lauréat de la villa Médicis Hors les Murs, il a participé à de nombreuses expositions tant personnelles que collectives. Artiste, professeur d’histoire de l’art et d’arts plastiques à l’IBSM, en 1999 Luc créer dans son atelier d’alors, Le Labo «un espace de recherche» dans lequel il propose des expositions d’autres artistes.  Depuis 2003 Le Labo est devenu nomade et "se fixe au grè des rencontres". L’artiste vit à Cenon où il a installé son atelier.

     

    Luc Detot a invité Emmanuelle Maura

    Dans les oeuvres qu’Emmanuelle Maura expose à la chapelle Saint-Loup on peu y découvrir des sculptures et des photographies.

     « Toujours je me préoccupe de donner un corps à l’image,un corps lourd donc, mais aussi un corps léger, un corps-éventail, un corps-boîte, un corps-pyramide, un corps posé, un corps en suspens… Un corps ou un toucher.»...

    Emmanuelle Maura est née en 1969, diplomée des Beaux-Arts de Bordeaux en 1993. Elle poursuit ses études en préparant à Paris une maîtrise science et technique d’image photographique et se perfectionne en P.A.O.-D.A.O.  Emmanuelle mène parallèlement son travail d’artiste et son travail de graphiste. Depuis 2001 elle est graphiste à arc en rêve centre d’architecture à Bordeaux. Emmanuelle Maura a exposé notamment chez Mollat et à la galerie Zoographia.

    Ces deux artistes ont déjà exposé ensemble en 2005 chez Vincent Magimel, dans le cadre de la manifestation Opendoors Openeye, une proposition de parcours nomades à travers différents ateliers et lieux d’expositions insolites de la ville de Bordeaux.

    C’est un vrai plaisir que de leur proposer de prolonger ce dialogue dans l’espace de la Chapelle Saint-Loup.

    Vous pourrez aussi découvrir tant à la Chapelle qu’à la Médiathèque différents ouvrages que tous deux réalisent dans la continuité de leur travaux,  point d’orgue de leurs créations.

     

    Vous pouvez prolonger cette rencontre en allant visiter leur site respectif :

    Voir le site de Luc Detot               

    Voir le site d’Emmanuelle Maura

        + Télécharger le livret PDF de l'exposition > ici    

     

     C'est quoi ? 2 fois sans titre : 1min47s, bande son. ©Siona.

    Réalisé avec les enfants d'une classe de CE2 de l'école Hector Ducamp.

     Au sujet de: Sans titre, tableaux de Luc Detot et Sans titre sculptures d'Emmanuelle Maura.

     

    Expo6 Detot Maura

     

     

    Expo6 Detot Maura

     

     

    Expo6 Detot Maura

     

     

    Expo6 Detot Maura

    Photos E.Maura (clic pour agrandir) 

    Expo6 Detot Maura

     

    Expo6 Detot Maura

     

                                                               

     Pour chaque exposition j'ai demandé à Claire Paries d'écrire au sujet des artistes invités.

     

    LUC DETOT

     

    Une étendue de rouge, atténuée de part et d’autre de bandes d’un blanc cireux qui viennent en partie la border. Comme une dernière chance laissée à la forme d’exister à la lisière d’une surface que la couleur uniforme a envahie. Une géométrie, au demeurant rassurante, déportée sur les cotés et qui vient argumenter l’appartenance à un même ensemble des tableaux qui s’organisent en diptyques ou triptyques, comme si une certaine solennité, voire religiosité devait présider à ce qui se jouerait alors comme un rituel.

    Auparavant le tableau a-t-il « saigné » ? Comment dire autrement ce qui se voit là ?

    À l’origine la surface de bois, blanchie, lissée, poncée, poudrée, avec toute l’attention qu’on dépose dans ces gestes qui apprêtent une peau délicate. Puis trouer, transpercer, perforer, d’un geste dur, agressif pour des ponctuations dispersées.

    C’est alors seulement qu’intervient la couleur d’un rouge aquarellé choisi au plus juste et qui vient emplir chaque « blessure » infligée ; tache absorbée en l’intérieur et qui vient auréoler doucement l’épiderme blanc.

    Mais la nécessité de recouvrir certains de ces épidermes, si finement ouverts, s’est imposée à Luc Detot. Et loin d’un enduit au pinceau que la peinture aurait facilité, masquant d’un seul geste ce qui laissait insatisfait, c’est armé d’un bâton de cire, que le peintre s’est affronté à la tâche. Pour aussi peut être prendre le temps d’un renoncement, se laisser le temps de l’apparition. C’est par marques successives, en à-coups additionnés, insistant en bouche-trous, que se sont montées les couches récalcitrantes parce que jamais séchées, jusqu’à la densité suffisante pour l’uniformité relative, d’une nouvelle chair offerte au tableau. Chair qui semble avoir vidé toute figure, n’épargnant que ces formes simples débordantes sur les cotés dans l’épaisseur du support : présence des fonds à la surface.

    Et ces tableaux ne manquent pas d’évoquer alors les monochromes qui ont fait la radicalité des débuts du 20° siècle, qui ont voulu annoncer la fin de la peinture, et qui à se répéter tout au long du siècle ont fini par fonder une tradition. Monochromes qui dans la suite de l’histoire ont voulu atteindre à cet absolu de la peinture sans figure et donc sans fond, « sans illusion de », « sans ressemblance à » : « couleur sur surface sur mur plan ».

    Mais ici, même si cette radicalité de la couleur peut entrer en affinité avec ce que nous regardons, il y a comme un renversement de l’histoire dans la démarche du peintre.

    Le rouge apparait comme un débordement forcé, un jaillissement délibéré, et peut-être alors comme une plénitude momentanée de la figure.

     Figures qui dans le travail de Luc Detot se sont souvent faites allusions à des organes ou des blessures si humains, toujours inscrits avec délicatesse, que se soit par le biais de fragments sculptés et photographiés ou par l’aquarelle rapide et légère, ou visages aux yeux clos fermés, bouches pincées, comme en apnée. Figures toujours soutenues par un travail qui donne à voir par ce qui est palpable, oblige un toucher des yeux.

    Le peintre, que ce soit en peinture, photographie, ou gravure, s’intéresse toujours à ce qui peut constituer physiquement un épiderme pictural, couvrant le motif ou le sous-tendant. 

    Jusqu’à ces tableaux-épidermes aux « blessures » ouvertes.

    Peau picturale vivifiée par ce rouge que l’on a envie de nommer « incarnat » : mot qui vient à la bouche, parce que sensuel, et parce qu’ici ça palpite en peinture.

    Et ça vit tant, que ça remonte, ça envahit, ça germine, ça pousse en toute la surface.

    Comme si tout de la figure pouvait alors par cette poussée de la couleur s’incarner en la seule présence charnelle d’un rouge flamboyant.  

    Claire Paries

     

     

    EMMANUELLE MAURA

     

    Retenir par l’image, les choses, les êtres ou les évènements, c’est ce que nous partageons tous de la photographie. L’image est alors ce fantôme qui se substitue au réel, empreinte lumineuse d’un instant produite automatiquement et à laquelle nous accordons notre confiance.

    Mais encore faut-il y croire ! 

    Quand Emmanuelle Maura s’avise que la vue de sa fenêtre viendra peut être à lui manquer, elle décide de capter quotidiennement ce fragment de réalité qui l’accompagne depuis de nombreuses années. Projet dont elle ne connaît pas d’avance le point d’arrêt. La photographie inscrit alors l’instant présent, le projetant immédiatement dans un passé révolu, anticipe l’avenir parce que l’acte devra se répéter jour après jour. 

    Prolifération. 

    Les photographies seront simplement reliées en carnets successifs, rassemblant le temps dans l’épaisseur de ce qui peut s’assimiler à des journaux intimes à feuilleter.

    Un usage privé précieusement gardé par-devers soi. 

    La rencontre, dans un musée, d’un vêtement appartenant au vestiaire d’une de ces statues de Vierges que l’on sort en procession, a été conservée longtemps sur une simple planche-contact. La photographie argentique travaille en des gris sourds et des noirs profonds la somptuosité du lourd tissu brodé, l’érige en une forme sculpturale à la raideur de pierre dont les béances accentuent l’absence même de corps.  

    En attente. 

    Longuement mûris dans des carnets il y a eu ces projets de moulages de parties de corps. Une forme directe de l’empreinte qui a sur la photographie l’avantage de retenir les trois dimensions, peut simuler le moindre détail et offrir un faux-semblant, un double véritable qui ne soit pas mince ressemblance pelliculaire.  

    Mais la ressemblance n’est décidément pas ce qui intéresse la photographe. 

    La blancheur compacte, polie, lissée du plâtre accompagné de paraffine translucide et de cire, produisent comme une lumière interne transpirant à l’extérieur et transmute ce qui a été directement emprunté à la réalité en des objets inédits. Une étrangeté qui efface le corps qui a été là. 

    Reste fantomatique. 

    Exposée, l’image de la robe virginale va prendre forme par un agrandissement photographique sur papier soumis à un pliage. C’est alors la légèreté d’un tissu, d’un drap, qui va se superposer à l’aspect sculptural. Les plis marqués viendront défaire en partie ce que la photographie a enregistré tout en accordant par la présentation, la possibilité pour l’habit précieux solidifié en lourds reliefs d’être simple linge suspendu en un mur. 

    Possibilités d’un corps. 

    Quant aux carnets de photographies ils vont prendre la forme d’une projection où les images du « même » différé jour après jour, se superposeront dans une accélération du temps susceptible d’offrir une nouvelle densité à cet espace familier perdu.

    Transport en un ailleurs. 

    C’est par la photographie qu’Emmanuelle Maura retient, préserve, stocke, comme pour amasser de quoi se nourrir ou constituer peu à peu un trésor. Une réserve de formes, motifs, matières qui sont autant d’emprunts au réel, qu’il soit paysage, corps humain, animal ou végétal. Représentations qui ne peuvent satisfaire et qui doivent trouver forme, prendre corps, dans une présence qui « titille », dérange, exaspère la part de la photographie qui se contenterait bien d’en rester à une ressemblance de surface. 

    Claire Paries

     

          

    J'ai proposé aux classes qui souhaitaient prolonger la visite de l'exposition par une production plastique réalisée à l'école,de mettre sur ce blog, sous forme d'échange, quelques productions.

    Voilà les réponses qui m'ont été faites.Merci aux enseignants et aux enfants.

     

     

      

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    Extraits de Gravures de la classe 3 de l'école maternelle l'île bleue.(Cliquez pour agrandir)

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