• Expo2 Delay Guiraud

    Alexandre Delay et Fabien Guiraud

     Expo2 Delay Guiraud

     

     

    L'invité et son invité 

    J'ai invité Alexandre Delay et nous  avons montré un extrait d'une de ses séries " la vénus des habitudes" ainsi que quelques "Figure simple", 13 tableaux de formats identiques,suspendus à hauteur de regard.

     

    Alexandre à invité Fabien Guiraud, au fond de la chapelle son installation "Working class" irradiait sa pâle lueur jaune. 

     

     

    Le site de Fabien Guiraud

     

    Expo2 Delay Guiraud   Expo2 Delay Guiraud  Expo2 Delay Guiraud

    Vues partielles de l'exposition, (clic pour agrandir).

     

     

    Pour chaque exposition j'ai demandé à Claire Paries d'écrire au sujet des artistes invités.

     

    ALEXANDRE DELAY

     

    Vénus, déesse de l’amour et de la beauté, est pour l’art le défi même du nu, le pari impossible d’approcher ce que serait la Beauté pure, dégagée de toute contingence.Depuis longtemps des corps plus ordinaires, Baigneuses, Olympia et autres Femmes à leur toilette, Demoiselles ou simples Modèles, ont remplacé Vénus dans la quête du nu en peinture. Le regard qui se pose alors sur ces représentations, s’argumente d’autant de situations, lieux et objets, conformes à la nudité qu’elle soit prise comme par effraction dans l’intimité, ou modèle qui pose face au peintre.

    La Vénus des habitudes d’Alexandre Delay venant déshabiller, au sens littéral du terme, cette seconde nature qu’est pour nous l’habitude, déplace par là même les arguments traditionnels du Nu en peinture, avec incongruité et humour.

    Les habitudes, qui sont ces petits rituels quotidiens ou saisonniers, tâches domestiques aussi bien que loisirs et qui scandent l’ordinaire des jours, se soutiennent de tout ce monde des objets qui instrumentalisent nos corps, les prolonge, les déplace, les rentabilise, en autant de gestes dirigés vers l’efficacité de nos vies.Ce sont ces gestes très quotidiens déclinés en catégories : maison, décoration, loisirs, jardinage, qu’Alexandre Delay confronte au Nu.

    Il y a d’abord la pose du modèle dans l’atelier qui va être la recherche d’un mouvement arrêté, absorbé dans le geste approprié à l’outil, qu’il soit marteau, brouette, pelle, vélo, sulfateuse, pulvérisateur ou chiffon. Et l’on peut comprendre dans un premier temps que la femme qui est alors le modèle du peintre préfère les activités de plein air à l’entretien de la maison.

    La pose : un corps nu comme en pleine action mais immobilisé, tendu dans l’espace de l’atelier et qui sert une prise de vue photographique qu’on pourrait assimiler à un « dessein », en se souvenant que ce mot là désigne aussi bien le dessin en tant qu’il est d’abord projet, étape vers l’œuvre.

     L’image photographique sera numérisée sur une planche de contreplaqué et servira de base au travail pictural.

    La couleur qui est ici le blanc (comme « un blanc dans la conversation » ?) va former peu à peu la Figure, la faire advenir en modelant ses entours, par recouvrement de tout ce qui était l’atelier, et pour en poser au mieux les limites. Le blanc fait taire les lieux, les contextes, abstrait les corps, et instaure le silence même de la peinture, qui comme chacun sait est muette.

    Et si la couleur semble s’arrêter à la figure, elle produit parfois en s’amenuisant une contre-forme dans l’entour même du corps : réceptacle ou contenant, qui semble alors naitre du corps, comme un écho dans la finesse de la touche de couleur.

    C’est alors que les blancs se font chair parfois ténue, presque transparente, ou plus compacte, opacifiante, couches qui vont s’amincissant vers les bords du tableau carré aux angles droits abrupts.

     Et c’est ici, dans cette réserve, que se dévoilent les dessous : jus colorés, des roses, des jaunes, des verts qui palpitent là et qui réverbèrent en la surface pour peu que le regard y revienne. Les corps photographiés se révèlent alors colorés eux aussi par ces mêmes glacis délicats, à peine visibles, et ce sont tous ces mouvements, qui depuis le premier dessein photographié, ont fait passer le corps du modèle au statut même de la peinture : présence en sa forme d’un corps que fait advenir la couleur, Figure.

    Mouvements communs à tous les nus d’Alexandre Delay et que l’on pourra retrouver dans quelques Figures simples exposées avec La Vénus des habitudes, qui quant à elle a incorporé en sa forme même l’outil, ce qui peut par un retournement du sens interroger nos habitudes. 

    Claire Paries

     

     

    FABIEN GUIRAUD

     

    Une vraie tête de pioche ! Et quel manche ! Oui parce qu’elle était bien là, déjà trouvée, choisie, achetée, mais sans manche…

    Donc une tête de pioche, toute neuve, pour qui il faut bien trouver un manche si on ne veut pas renoncer à toute fonction de l’objet. Il faut alors parcourir les grandes surfaces de bricolage parce que c’est là que : « Vos envies prennent vie ».

    C’est en prenant au pied de la lettre, pourrait-on dire, les injonctions de notre société de consommation, que Fabien Guiraud, aiguise son désir de formes, de matériaux, de couleurs, dans la profusion des rayons d’objets de toute sorte qui aussi bien « construisent », « aménagent », « décorent » ou même « bricolent » nos vies.

    Et puisque il n’y a que l’embarras du choix, il prendra son temps jusqu’à tomber nez à nez avec un objet qui ne soit pas si manche que ça, et bien plutôt ici : néon. Et comme le hasard fait toujours bien les choses, le tube de néon s’ajustera parfaitement à la tête de pioche, au risque de produire un nouvel objet à l’esthétique fonctionnelle, mais un peu rustique, une lampe, luminaire ou lampadaire pour un « bien chez soi, bien moins cher », un objet décoratif.

    Si l’art revendique ici de surgir d’un simple bricolage, l’objet lui qui est issu d’une rencontre provoquée, choisie, ne s’arrête pas là. Déposé dans l’espace d’exposition, il redevient dans un premier temps pioche parce que fiché au sol comme s’il était tenu en main, en plein geste, creusant, retournant la terre.

    Puis il va se déplacer à nouveau parce qu’il est nommé par l’artiste qui du coup en devient l’auteur, il est : Working class. Et c’est tout un autre monde qui est alors convoqué : et on s’éloigne de la terre parce que la pioche de la classe ouvrière évoquerait plutôt le mineur, le terrassier, le maçon, ce qui vient bousculer pêle-mêle dans la tête autant du social que du politique, ou de l’économique sans que rien ne puisse se fixer vraiment, parce que Working class, luit vert jaune, (et c’est peut être bien un rire jaune qu’il faut entendre). 

    Il est là bien campé sur sa position, qui est une bascule, un équilibre précaire, un entre deux. 

    Issu du monde pléthorique des objets de consommation, qui se répètent à l’identique, se déclinent en couleurs affriolantes, qui vous proposent le pouvoir de tout faire et moins cher, il devient ici objet unique. Pas de loi des séries, pas de formule qui se répète : pas de prolifération face à l’abondance. Fabien Guiraud n’imite pas le spectacle du monde marchand. 

    Il œuvre mais a minima pour un sens discret, suspendu à l’autre le regardeur qui est d’abord soi l’artiste. Il lui arrive de produire un rêve, parfois le sien propre qui est aussi le nôtre, concrétisant en images numériques et avec humour nos stéréotypes d’évasion qu’ils soient l’île des Vacances ou les Neiges éternelles qui envahiront des pyramides choisies pour leur fréquentation touristique. A moins qu’il nous invite dans le ressac d’une Vague réinventé par quelques ondes numériques. 

    Claire Paries

     

     

    J'ai proposé aux classes qui souhaitaient prolonger la visite de l'exposition par une production plastique réalisée à l'école, de  mettre sur ce blog, sous forme d'échange, quelques productions.

     

                   

    Voilà les réponses qui m'ont été faites.Merci aux enseignants et aux enfants.

     

     

    Expo#2

    Les silhouettes des habitudes

    photographies de la classe 3, de l'école maternelle l'île bleue.(extraits)

     

    Expo#2

    Les silhouettes des habitudes