• Expo11 Morse Odessey

    Bob Morse et Mabel Odessey 

    Expo#11 Morse/Odessey

     

    L'invité et son invitée

    Bob Morse, invité à la chapelle Saint-Loup proposera des collages, qu’ils soient pièces uniques comme le grand triptyque ALL MAN, qu’il présentera pour la première fois ou déclinés en séries, intégrés à des carnets ou des objets.

    Bob a invité la photographe Mabel Odessey. qui affectionne la Camera Obscura qu’elle fabrique elle-même depuis les années 80. Boîtes dépourvues d’objectif : seul un petit trou laisse entrer une faible quantité de lumière, ce qui oblige un temps d’exposition assez long.

    Mabel Odessey propose aussi de créer dans le jardin de la chapelle, une grande camera obscura afin de permettre au public de regarder le monde autrement.  

     

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    Exposition#11

     

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    Exposition#11

    Vues de l'exposition, dehors et dedans. 

    Exposition#11

     

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    Extraits livre libre Bob Morse

    extraits livre libre Bob Morse

     

    All Man Triptyque Bob Morse

    Exposition#11

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    Bob Morse 

     

    Bob Morse est un artiste aux multiples talents. Connu pour ses sculptures en métal, notamment ses insectes géants qui prennent d’assaut les hauts murs des bastides et des châteaux. Investi dans la restauration du château Lacaze dans les monts de Lacaune Tarnais, il réalise une oeuvre in situ en métal découpé : une «germination». Racines, pousses et plantes qui s’élèvent dans les murs de pierre et protègent le visiteur d’une lumière trop crue, d’un vertige.

    Bob est aussi un musicien multi-instrumentiste, qui s’engage avec exigence dans l’échange au gré des rencontres avec différents groupes et différents musiciens.

    Artiste voyageur, glanant des images de presse, des affiches et toutes sortes de documents graphiques «que la société fournit», il travaille aussi à des carnets qui ont parfois servi de point de départ à ses collages.

    L’extraordinaire, l’inquiétant, l’incongru, l’humour, c’est ce que provoquent les collages de cet artiste, mêlant la réalité concrète et le merveilleux, l’ici et l’ailleurs, le passé et l’actuel, l’identifiable et le bizarre. Il propose au spectateur de devenir acteur et de se confronter à de nouvelles configurations visuelles et mentales. 

    Dans certains collages les mots ont la même importance que les images. Les phrases et les images, se découvrent mutuellement de nouvelles significations éprouvées par le cheminement du regard. C’est ainsi que dans le collage intitulé MAN'S FATE (la condition humaine), on peut lire au-dessus : «Piégé dans la tempête d’une nymphomane vêtue de vison», «trapped in a blizzard of mint clad nymphos».

    Parmi les collages de Bob Morse, il est une série particulière, où il intervient très peu mais avec une justesse implacable. Construisant un nouveau sens de lecture, à partir d’un tableau tiré de l’histoire de l’art, ramené au statut d’image, il y introduit une figure féminine, la pin-up. C’est ainsi que dans La tentation de Saint-Antoine, le vieil homme au premier plan, (Saint-paul) aveuglé par la lumière divine, dans le tableau La conversion de Saint-Paul du Caravage, devient dans le collage de Bob Morse, l’outragé, refusant de voir ce que la femme propose à son point de vue.

    Voir le site de Bob Morse

     

     

     

     

     

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    Help me : 4mn21

      Somebody to shack :4mn7

     

        16 Tons : 4mn52

    Extrait du disque I AM A STRANGER : Bob Morse : guitare, voix, harmonica, trompette, Christophe Isselee : Guitare, oude, piano, Laurent lefevre : Violon, Julien Lefevre : violoncelle, Stephane Paulin : Batterie, percussions.

     

    Au sujet des collages de Bob Morse

    Il faut d’abord une accumulation d’images : images de magazines ou issues de livres d’art ou d’anatomies et autres, des photographies chinées. Certaines sont dupliquées, parfois agrandies pour être utilisables plusieurs fois et autrement. Toutes ont en commun d’appartenir à un passé récent, celui du milieu du 20° siècle ou plus ancien. 

    Des formes sont arrachées à la continuité des images offertes par les différents médias. Elles sont des morceaux choisis, extraits pour être déplacés en de nouvelles associations improbables parce qu’elles n’auraient jamais dû avoir lieu. Elles vont servir les gestes du sculpteur qu’est habituellement Bob Morse : découpe et montage pour un travail en deux dimensions qui dès lors vient s’approcher de la picturalité. 

    Il faut peut être dire ici que les collages ont débuté sur des objets sculptés, des mitraillettes de bois qui portaient des images dont beaucoup représentaient des stigmates qu’elles auraient pu occasionner si elles avaient été réelles : représentations des guerres. Le montage s’initie toujours d’une base structurée avec force comme une architecture qui joue de répétition et de symétrie, avec souvent des figures qui surplombent l’ensemble. 

    Certaines œuvres s’appuient sur des ensembles sculpturaux aux décors foisonnants, issus de l’époque baroque. D’autres épousent la forme du triptyque, avec ses volets, ses rythmes liés qui se répondent. Les fragments qui par moments sont découpés avec leurs entours, ou parfois soigneusement détourés, vont ainsi pouvoir s’insérer comme logiquement, faisant corps malgré leurs grandes disparités. Puis des jus bruns sont déposés, éclaboussés, pour unifier l’ensemble, faire tenir la surface et la profondeur, faire lien entre couleurs et valeurs inégales. 

     

     

     

     

     

     

    L’emprunt au monde des médias permet de retenir des schèmes fondamentaux familiers, que ce soit des gestuelles de sportifs en mouvement, des pin-up des années 1950, des foules couronnées assemblées, des hommes au travail, des images de guerre, des champignons atomiques, des fœtus, des cerveaux, des peaux de serpent qui enserrent ou initient l’ensemble - motif particulièrement prisé par Bob Morse. Et c’est dans l’échafaudage d’une structure verticale dominante, que semble se jouer quelque chose de l’origine de ce monde judéo-chrétien à son aboutissement souvent en catastrophe. Ça grouille, ça abonde, ça pullule, comme un trop plein en débordement qui menace la construction rigoureuse. 

    Des gros titres accompagnés souvent de phrases ou de quelques bribes, eux aussi trouvés, viennent se rajouter à l’ensemble pour préciser le sens ou l’emporter ailleurs parfois plus en dérision que ce qu’affiche l’œuvre au premier coup d’œil. Ils ouvrent une voie pour le regard, un encouragement à s’approcher des détails fourmillants et découvrir ce qui se passe dans les tréfonds des représentations. 

    Si les œuvres sont constituées d’images familières, minces surfaces de papier glacé informant de l’état du monde, fondatrices des mythes contemporains, les rapprochements portés par les photomontages leur portent un coup fatal propageant les germes d’un dysfonctionnement dont la contamination envahissante provoque une sourde inquiétude. Travail artistique qui n’est jamais un commentaire direct sur l’état du monde, il porte une critique intemporelle sur notre civilisation, avec parfois une insolence iconoclaste qui amalgame des œuvres d’art primitives et l’archétype de la femme du 20° siècle dans un raccourci saisissant.

    Claire Paries

     
     

    Mabel Odessey

    Bob a invité la photographe Mabel Odessey. qui affectionne la Camera Obscura qu’elle fabrique elle-même depuis les années 80. Boîtes dépourvues d’objectif : seul un petit trou laisse entrer une faible quantité de lumière, ce qui oblige un temps d’exposition assez long.

    Dans les sténopés de Mabel Odessey, le temps nécessaire à la montée de l’image va permettre à la lumière de déposer les empreintes de la durée sur le papier sensible. Cette artiste développe, un univers singulier où les choses, les hommes, l’espace ne sont jamais là où on les attend. Les photographies de Mabel exercent sur ses sujets puis sur le spectateur une résonance particulière. L’artiste a fait de nombreuses expériences grâce à la mobilité du processus qu’elle engage.

    Mabel Odessey est en mouvement, dans le geste, dans sa posture, celle du photographe. La rencontre est une thématique essentielle. Parfois elle n’est pas derrière sa camera, tout près de ses modèles, elle leur parle.Dans une performance intitulée Piano paille pinhole Mabel répondait en improvisation conjointe au Musicien Stéphane Sassi. Que se soit dans Games and ritual, dans Car boot sale ou bien dans d’autres projets réalisés avec différents groupes, des musiciens, des danseurs, des vieux et des vieilles dans Lifelines, elle propose la rencontre de son regard singulier.

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       Angels : Sténopé                                  Ghost Goya Garden : Sténopé

     

     

    CAR BOOT SALE

    Dans l'installation Car boot sale, mot typiquement anglais qui se traduit par, vide-grenier, les sténopés, parfois colorisés et des objets se côtoient. De menus objets ou bien des restes, après les passages de ces ventes sauvages, viennent encadrer la photographie dans cette mise en boîte. Cette série, génèse du travail de Mabel, réalisée en 1990, dépasse la notion du simple témoignage d’une époque de crise en Angleterre. Les cadrages, la profondeur de champs, inhérente au sténopé, et ses choix d’objets collés, amorcent un regard au delà de la réalité du moment et de la période traversée.

    GAMES AND RITUAL

    Des rondes rythmées par une chanson, des jeux de mains, en relations intimes, des cache-cache, entre oubli et peur, jusqu’à ce que je te retrouve et te fasse de nouveau exister au monde, des marelles où le paradis, le ciel, enfin atteint  annonce qu’on a gagné ou encore des jeux de hasard où le lancer de mikado, d’osselets, propose une figure, un aléatoire qu’il faut s’approprier pour lui donner un sens, tous ces jeux, Mabel nous les fait apercevoir comme des rituels initiatiques venus du fond des âges.

    Voir le site de Mabel Odessey 

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    Hopscotch : sténopé                    Domino at the cross : Sténopé

     

     

    Lors du premier week-end de cette exposition, Mabel proposait un stage sténopés, voir ici : Page stage avec Mabel. Exposition#11

     

    Au sujet des photographies de Mabel Odessey

     

    Un visage appareillé, un œil rivé au viseur remplacé le plus souvent maintenant par le masque d’un écran porté à juste distance pour le contrôle de l’image qui se forme : telle est l’idée qu’on se fait ordinairement du photographe qui avance en partie dissimulé derrière son outil, regardant le monde par machine interposée. Mabel Odessey est une photographe à visage découvert, les deux yeux grands ouverts face aux êtres, aux choses. L’appareil photographique est déposé, comme mis de côté, ou parfois tenu, brandi à bout de bras le temps d’un éclair lumineux calculé. Pas de viseur, et donc pas de visée qui tente de maîtriser le cadre de l’image, la répartition des masses lumineuses, l’instant retenu. Pas de déclencheur pour la prise de vue, seule l’intuition de l’auteur pour agir, interrompre un processus en tenant compte de l’intensité de la lumière, de la mobilité des sujets. 

    Elle a renoncé à la maîtrise toujours plus grande offerte par l’industrie pour s’en tenir à ce qui a précédé l’invention même de la photographie : le sténopé ou la chambre noire. Une boîte hermétiquement close, avec une petite ouverture de la taille d’une aiguille qui laissant passer un rayon lumineux permet la constitution sur la face opposée de l’image inversée de ce qui est placé devant. Pour retenir l’image sur un papier sensible un temps d’exposition qui peut durer de quelques secondes à plusieurs heures selon la lumière ambiante.

    L’image photographique qui reproduit ce que le regard a pu voir, déceler, n’intéresse pas Mabel Odessey. Elle veut se faire surprendre par la montée d’une représentation inattendue dans l’expérience de la réalité qu’elle a eu alors même qu’elle travaille des séries dont on peut dire qu’elles documentent la vie : les vides-greniers anglais dans les années 1990, les jeux partagés,    

     

     

     

     

    les personnes d’une maison de retraite confrontés à des portraits d’enfants du même village, ou encore le travail avec des musiciens ou une danseuse.

    La photographie conserve en halos plus ou moins prononcés les traces des mouvements, des déplacements qui ont eu lieu le temps de la pose, installe le flou qui peut aller jusqu’à l’évanescence d’êtres en disparition. Certaines marques, lignes, bribes de lumière peuvent venir ponctuer la surface. La profondeur de champ quant à elle s’offre la netteté d’un contraste qui l’illimite. C’est ainsi que le temps, la durée rendus visibles, viennent habiter la photographie qui n’est d’ordinaire que l’épiphanie d’un très court instant.

    La rusticité du sténopé, son côté rudimentaire échappant à la technologie contemporaine, au goût de l’abondance de détails, donnent la sensation d’une intemporalité qui échappe aux contingences matérielles de notre époque. C’est comme si l’image remontant du fond des âges, montrait dans ce qui est séculier la permanence de ce qui fait la vie des hommes, dans une présence à peine esquissée, comme une persistance tangible.

    Ce que Mabel Odessey cultive dans les choix de ses sujets : musique, danse, sont ainsi pour elle des sujets de prédilection pour un accompagnement tout de mouvements, rythmes, énergie, rendus palpables. Dans les jeux elle opte pour ceux qui perdurent à travers les modes : marelle, saut à la corde, mikado, dominos, pétanque, jeu d’échec ou de dés qui rassemblent autant les enfants que les adultes de bien des époques pour s’attacher aux gestes ritualisés à la base des échanges humains.

    Claire Paries

     

     

    J'ai proposé aux classes qui souhaitaient prolonger la visite de l'exposition par une production plastique réalisée à l'école,de mettre sur ce blog, sous forme d'échange, quelques productions.

    Voilà les réponses qui m'ont été faites. Merci aux enseignants et aux enfants.

     

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    4 carnets de la classe des grands/moyens de l'école maternelle Jean de la Fontaine.

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