• Expo 18 Krapo Lartigue

    Isidore Krapo, Martin Lartigue, Duo pour une consolation

    Expo 18 Krapo Lartigue

     

    Duo pour une Consolation from Siona Brotman on Vimeo.

    L'invité et son invitée

    J'ai invité Isidor Krapo qui a invité Martin Lartigue.

     

    Isidore Krapo est né en 1957, après son diplôme des Beaux-Arts de Bordeaux en 1985, il investit un grand atelier au centre de la ville, au 17 de la rue Élie Gintrac. Isidore Krapo, partage aussi son engagement artistique en invitant régulièrement des artistes d’ici et d’ailleurs, des peintres, des photographes, des céramistes, des poêtes ...Sur la plaque, à l’entrée de ce lieu extraordinaire, est écrit : Isidore Krapo, épicier d’art, peintre, sculpteur, chef coloriste. Isidore Krapo a participé à de nombreuses expositions tant personnelles que collectives en france et à l’étranger. Il a aussi répondu à des commandes institutionnelles et intervient auprès des enfants dans le cadre d’ateliers de pratiques artistiques.

    Martin Lartigue est née en 1952, enfant comédien, dès 1958 il devient personnage de film, chez Yves Robert, Jean Paul Rappeneau et Claude Sautet notamment. Parallèlement à son immersion dans le monde du spectacle, au théâtre, au cinema et à la télévision, Martin s’engage dès 1970 dans un processus personnel de création. Martin Lartigue s’est installé à Sore dans les Landes, autour de deux ateliers distinctifs où il déploie son univers de peintre, de céramiste et de graveur. Martin Lartigue a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives en france et à l’étranger. Il réalise aussi, depuis le début de sa création, les affiches du festival d’Uzeste Musical. 

    Ces deux artistes n’ont jamais à proprement parlé exposé ensemble, bien qu’Isidore Krapo ait déjà invité Martin Lartigue au 17 rue Gintrac. C’est autour de l’exposition pour la chapelle Saint-Loup, Duo pour une consolation, qu’ils définissent ensemble la capacité de l’artiste à réorienter sensiblement le regard et peut-être, à nous réconforter.

    Le samedi 7 novembre de 10h à 18h, Martin Lartigue proposait un stage céramique autour de l'idée des boîtes.

    Ce stage ouvert à tous, s'est fait dans les ateliers du Prieuré attenants à la chapelle. Martin nous a proposé de créer des boîtes/maisons. Nous avons travaillé avec une terre chamottée blanche, afin de pouvoir monter rapidement les structures de la boîte/maison... voir le reportage en image.

     

     

     

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                            Expo 18 Krapo Lartigue  Expo 18 Krapo Lartigue  Expo 18 Krapo Lartigue

                              Vues partielles de l'exposition

     

    Isidore Krapo

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    Isidor Krapo. 1/ Boxeurs rouge et bleu sur fond bleu et rouge, diptyque. 2/ Ogre bicéphale, chataigner sculpté, doré à la feuille d’argent et d’or. 3/ Le guitariste , Québec,                       Huile sur toile, 96,5 cm x 162 cm.

     

    Isidore Krapo

    Des cosmonautes, des ogres ou des boxeurs, bien des voyages, des rencontres en musique ou en histoire des formes. Des sculptures, des tableaux en petits ou grands formats, des bocaux qui comme les collections ont fait sa signature en ses débuts où il s’est lui-même proclamé « Epicier  d’art». D’emblée les productions artistiques ont été assimilées à ces petits biens nécessaires à une vie au quotidien. Tenir boutique devient alors un engagement et c’est ainsi qu’il aura accueilli en son atelier jusqu’à aujourd’hui les artistes d’ici et d’ailleurs sans exclusive. En même temps il choisit un patronyme intemporel à la limite du burlesque, Isidore Krapo, ce qui aurait pu le confiner à ces « singuliers de l’art » hors du temps.

    Mais la décision ici était délibérée : il fallait s’éloigner des structures habituelles de l’art contemporain pour mieux inventer ses propres règles en toute connaissance de cause. Ce qu’il se plait à nommer « le post contemporain primitif » qui revendique d’avoir assimilé l’art des 20° et 21° siècle et fait le choix d’une œuvre qui s’alimente autant à sa propre vie qu’à l’Histoire des Arts, l’une n’hésitant pas à être réinsufflée dans l’autre.

    Primitif peut être entendu comme choix de la simplicité d’un propos pour l’art qui porte l’ordinaire et la diversité des jours : des Noce de Cana, prétexte à une scène de beuverie champêtre, à ce qui a fait évènement en son temps pour tous, les premiers pas de l’homme sur la lune.

    Primitif pourrait aussi s’appliquer à une volonté formelle particulière : la peinture comme les sculptures semblent engendrées spontanément en une invention prolixe et impétueuse, parce que marquées de l’emportement des gestes et d’une apparente simplicité.

    De fait c’est le chromatisme savant de la couleur qui mène la danse, construit, conduit, entrelace les surfaces en enchainements prolixes ou impose ses espaces monolithes en contrastes marqués. La pâte généreuse, y compris dans les aplats, est conduite en espaces morcelés, se fragmente en motifs décoratifs, qu’ils soient fleurs de lys, carrelages, planchers, fragments de paysages, jour cohabitant avec la nuit, ou tout autre, qui font parfois communiquer intérieur et extérieur, portent les figures dans la diversité des gestes, des attitudes.

    L’œil est invité en un voyage complexe, fait de vives ponctuations indépendantes de la logique des formes, des récits : oppositions de couleurs complémentaires, soufflant en alternance les chauds et froids. Jaunes et oranges opposés à des bleus ou verts, des violacés profonds se jouant des blancs rosés, le tout adouci d’ocre, de chair ou de lavande pâlie de blancs. Parfois les tons de terre prennent le dessus tout en s’ouvrant à l’acidité mordante de quelques tons vifs pour un emprunt plus dramatisé à des croix de bois découvertes dans des cimetières lituaniens. Concentration recueillie en de minuscules formats silencieux.

    Isidore Krapo, « Epicier d’art, Peintre, Sculpteur, Chef coloriste » est un militant de la couleur, pour un art qui prend les devants, se projette dans l’espace du regardeur. La couleur lance ses rets, envahit le champ de vision, attire en ses filets, retient le regard pour un échange prolixe à la volubilité généreuse. Il est un artiste intéressé des rencontres avec les publics les plus diversifiés.

    « Zombie et Zombette » fiction pleine d’humour d’un couple de spectateurs tout en enchainements de rondeurs colorées en témoignent. Corps totems comme un assemblage d’yeux multiples exorbités à la sensualité charnelle, ils semblent avoir absorbé en leur sein toute la force colorée des peintures qui de l’intérieur pousse les corps monolithes en projections vers les dehors. Sur la « tête » un caillou vient rappeler au sol les formes pleines.

    L’art d’Isidore Krapo se veut terre à terre, au plus près des autres parce qu’au plus près de lui-même, sollicitant par le regard une conversation complexe aux multiples circonvolutions. 

    Claire Paries.

    Voir le site d'Isidore Krapo 

     

     

    Martin Lartigue

                                                           Expo 18 Krapo Lartigue                         Expo 18 Krapo Lartigue                         Expo 18 Krapo Lartigue

    Martin Lartigue. 1/ Monument aux mort d’amour vivant, céramique, 20 cm x 25 cm x 50 cm. 2/ La maison, huile sur bois gravé, 90 cm x 80 cm.                                                        3/ Maison de la mer, céramique, 30 cm x 25 cm x 53 cm.

    Martin Lartigue 

     

    Entre monuments, colonnes, caryatides, les œuvres de Martin Lartigue qu’elles soient sculpturales ou picturales, déclinent quelque chose de l’architecture : monument offert à l’amour, demeure du fond des mers, caryatides d’un temple ou simple maison au graphe enfantin que dessine le centre de certaines toiles.

    Appartenant au vocabulaire premier de l’architecture les colonnes sont des formes à part entière à échelle humaine. Construites de renflements successifs de terre cuite colorée elles alternent motifs abstraits ou figuratifs en rythmes décoratifs ascendants alors que des ouvertures ménagées laissent émerger quelques formes enfermées en leur for intérieur. Elles se font socles quand elles portent des figures ou des scènes plus complexes, tout comme ces formes plus ramassées, plus ou moins cubiques que l’on pourrait appeler des « boîtes ». Constituées de fonds, parois et couvercles elles en épousent la configuration générale, réparties entre intérieur accessible mais clos et extérieur animé. Des scènes alternent en un récit historié sur toutes les faces de ces « Monuments » de céramique colorée. Les « monuments-boîtes » recèlent en leur intérieur une intimité soustraite au regard du spectateur. 

    Elles sont comme des maisons avec leurs étages, leurs ouvertures comme des fenêtres ouvertes, leur toit-couvercle qui se soulevant donne accès à des pièces où les « habitants » s’adonnent à leurs occupations. Chaque « maison » contient ses secrets, autorise l’isolement de formes soustraites au regard happé par la richesse des apparences extérieures. 

    Colonnes et maisons-boîtes sont peuplées en surface de nombreuses présences humaines, animales. A la croisées des deux parfois, monstres, licornes et chimères venus d’un ailleurs hantent un univers cosmopolite.

    Dans les tableaux les récits se déploient des centres qui peuvent être des schèmes simplifiés de maison, ou à partir de fenêtres ou portes ouvrant vers les intérieurs à moins que les extérieurs ne viennent attirer le regard. Ici c’est en un mouvement que dedans et dehors, portés de nombreuses présences, coexistent à la surface.

    Les corps nombreux ne se contentent plus d’habiter des lieux. Ils participent de leur construction. Ils sont des bras ouverts qui portent la maison, ils s’imbriquent en symétrie autour du centre tout en jouant tête bêche, ils emplissent les toits voire les surmontent en une assise dansée. Ils se font figures d’accompagnement en un mouvement englobant ou posent un recul dans l’étroite profondeur.

    C’est un bloc de couleurs brillantes et vives qui la plupart du temps happe le regard à moins que Martin Lartigue ne se joue d’engobes plus mates dans les céramiques et de teintes plus assourdies dans les peintures. Mais toujours les formes colorées foisonnantes sont imbriquées en une construction qui suit d’abord sa propre loi. Les partitions de la surface peuvent parfois se régulariser en un diagramme à l’apparence plus simple ouvrant sur des scènes séparées.

    Dans certains tableaux les gestes du potier-céramiste viennent graver en creux la surface de bois comme pour définir des limites formelles infranchissables dans le devenir du tableau, comme pour contenir la tentation du repentir, les recouvrements possibles en peinture.

    Le regard doit franchir les seuils en motifs signifiants, qu’ils soient vaguelettes et poissons, serpents, titres inscrits, pour entrer en « la maison » de Martin Lartigue. Il lui faut alors isoler les voisinages complexes pour mieux parcourir cet échafaudage coloré, en gouter partie après partie la cohésion, aidé en cela par un parti pris formel à la simplicité choisie, cultivée.

    Les œuvres, hospitalières, accueillent des ailleurs traversés par l’artiste, des rencontres avec les cultures du passé. Elles empruntent autant aux mythologies, qu’aux répertoires formels ou encore à certaines conceptions de l’espace pictural ou sculptural universel. Elles abritent des existences, recèlent des secrets, peuvent déployer avec la même exubérance colorée les drames humains ou les élans vitaux, les petits récits côtoyant des figures légendaires. 

    Claire Paries.

     

     

    J'ai proposé aux classes qui souhaitaient prolonger la visite de l'exposition par une production plastique réalisée à l'école, de mettre sur ce blog, sous forme d'échange, quelques productions.

    Voilà les réponses qui m'ont été faites. Merci aux enseignants et aux enfants.

    Expo 18 Krapo Lartigue

    Classe de CM1 de l'École Hector Ducamp, J'ai vue.